mercredi 7 mars 2012

Carte postale du jour

Paysages croisés aujourd'hui (cliquez sur les images pour voir en grand format) :






mardi 6 mars 2012

De nouveau sur les routes du Mexique...

Nous sommes partis tôt ce matin de Lo de Marcos pour traverser la Cordillière occidentale, contourner la mégalopole Guadalajara et parcourir des paysages incroyables de forêts avec des arbres bizarres qu'on croirait sortis du précambrien, des mésas, et traverser ensuite de longues zones semi-arides.

Ce soir, après près de 600 km, nous dormons à une station-service Pemex un peu avant San Luis de Potosi.

Nous sommes avec deux autres couples dans leur VR. Nos trajets sont tracés sur Google Maps, Street & Trips et nos GPS Garmin et TomTom. Malgré tout, on s'est trompés de route à 2-3 reprises, mais rien de grave. Faut dire que les cartes mexicaines ne sont pas tellement à jour.

Hier, lors des adieux, nous étions plusieurs à avoir les yeux humides. C'est vrai qu'on laisse derrière nous, des très bons amis. Heureusement, on va les revoir l'an prochain et il y a toujours internet pour garder le contact.

On vous redonne des nouvelles dès que possible.

CHRONOLOGIE D’UN ACCIDENT DE VÉLO, PARTIE 4 DE 4

Je suis rassurée et retourne à la chambre. Je réussis à dormir encore un peu, toujours accompagnée de mon mal de tête. Il doit être 2h30 du matin, lorsque le chirurgien apparaît devant moi et me donne un suivi de l’opération. Il me mentionne qu’il reviendra le matin même vers 10h00. Avant qu’il ne parte, je lui demande une Tylenol ou une Aspirine… demande qui prendra plusieurs minutes à être satisfaite.

Vers 4h00 du matin, Camille arrive enfin à la chambre. Il a le visage tuméfié. Mais le chirurgien a fait un travail incroyable. Sa lève est « parfaite », la chair qui pendait de celle-ci, a été recousue, de même que celle en dessous de son nez. Celui-ci a été opéré et il porte un bandage au front. Il doit se reposer maintenant…

Évidemment, nous sommes dans un hôpital, même si elle a les allures d’un hôtel, avec le va-et-vient incessant, on est vite ramenés à la réalité… Infirmière pour la pression, infirmière pour le pouls, une personne pour le nettoyage, une personne attitrée pour les repas, etc. Chacun a sa tâche et, comme un syndiqué, ne fait pas la tâche de l’autre. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un hôpital privé et de luxe. Les soins sont tout de même incroyables. Tous les médecins et le personnel soignant, que ce soit à San Franscisco ou à Puerto Vallarta, étaient tous très compétents et attentionnés. Le premier médecin vu à San Franscisco, Mauricio, dès le lendemain, a envoyé un courriel à Camille pour savoir comment il se portait. Et le chirurgien plastique a donné son courriel à Camille pour qu’il puisse lui écrire s’il avait des questions (et ils se sont déjà écrits plusieurs fois).

Camille est resté à l’hôpital jusqu’à dimanche midi. Mais dès samedi en fin d’après-midi, voyant que tout était « beau » et que Camille était entre bonnes mains, j’ai pris un taxi pour me rendre au terminus d’autobus qui m’a ramené vers Lo de Marcos. N’ayant pas beaucoup dormi dans les deux derniers jours et ayant encore mon mal de tête, je me devais d’aller me reposer pour être en forme, pour le retour de Camille à la maison. À 19h30, j’étais couché avec deux Tylenol et j’ai dormi jusqu’à 5h30. Une heure plus tard j’étais debout, café en main et je répondais à mes courriels. J’avais super bien dormi.

À 9h15, Jean-Claude, que nous avons connu lors de notre circuit-caravane, était devant Matamata avec Michel pour m’accompagner jusqu’à Puerto Vallarta. Camille revenait à la maison.

Nez cassé, baboune recousue en haut et en bas, une longue cicatrice qui part de l’arcade sourcilière, entoure l’oeil et termine sa course sur la joue, il ressemble vraiment à un pirate de ses romans.

Pas grave. Je l’aime pareil.

dimanche 4 mars 2012

CHRONOLOGIE D’UN ACCIDENT DE VÉLO, PARTIE 3 DE 4


Camille passera au scanner, sera radiographié, recevra une batterie de tests… Le médecin, Pédro Parada Gonzales, nous demande de le suivre. Il veut faire le point et nous expliquer la situation. « C’est son visage qui a tout absorbé… nez cassé… lèvres déchirées… chairs… chirurgie plastique… »

Je dois informer les assurances au Québec. J’appelle, on me pose un paquet de questions. Je leur dis que Camille doit avoir de la chirurgie plastique, on me répond que le médecin au Québec doit approuver. Ce dernier doit parler au médecin de Puerto Vallarta… Après une demi-heure de « négociations » avec les assurances, Camille est transféré à la salle d’opération. Il y passera 4 heures...

23h30, nous allons manger, don Juan José, Michel et moi. Nous nous retrouvons au restaurant Las Adedidas que don Juan José connaît, à deux pas de l’hôpital. L’intérieur du restaurant fait penser à « la cage aux sports », décoration similaire, mais mexicaine, écran de télévision un peu partout affichant parties de foot et émissions de sports. Nous y allions pour manger, mais l’appétit de mon côté, n’est pas vraiment là. En plus, j’avais toujours mon mal de tête, et les circonstances ne me donnaient pas beaucoup d’appétit même si la sopa de tortillas était vraiment très bonne…

Après un heure au restaurant, nous revenons à l’hôpital. Camille est toujours dans la salle d’opération. On nous dit qu’il y restera encore 40 minutes… il est un peu passé minuit. Je donne congé à don Juan José et à Michel. Ils doivent retourner à Lo de Marcos, ça m’inquiète un peu de les voir partir sur la route à cette heure-là, mais don Juan José connait bien le coin, ce qui est rassurant tout de même.

On m’amène à la chambre où Camille sera logé. Je m’allonge sur le divan-lit situé en face du lit principal. La chambre est spacieuse et l’atmosphère y est reposante. La salle de bain est aussi très grande : toilette, douche dans laquelle une chaise roulante peut entrer, et sur la vanité sont déposés tous les petits accessoires comme à l’hôtel : brosse à dent, petite pantoufle, débarbouillette, serviette, etc. Par contre, l’hôpital est situé sur une artère plutôt bruyante, ce qui n’en ferait pas un emplacement pour un hôtel de luxe…

Après un peu plus d’une heure à somnoler, je me demande où ils en sont avec l’opération. Je me lève et je vais au comptoir où il y a une infirmière. Dans mon anglais et mon espagnol approximatifs, je réussis à lui demander des nouvelles de Camille. Elle fait venir un des médecins, Pedro Parada Gonzalez qui m’expliquera qu’il ont fait la majorité des 66 points au visage plus ceux à la bouche et que maintenant, le chirurgien « répare » son nez.

vendredi 2 mars 2012

CHRONOLOGIE D’UN ACCIDENT DE VÉLO, PARTIE 2 DE 4

Maintenant que je sais qu’il est entre bonnes mains, et ne voulant pas entraver le travail du personnel soignant, je me laisse diriger vers la salle d’attente. Quelques minutes plus tard, on me demande de signer l’autorisation des soins. Je pose des questions… je veux tout savoir… Il va bien… Le médecin vient nous chercher quelques minutes après. Je peux voir Camille. Son visage saigne encore, sa lève est déchiré et pend, de la chair déchirée en dessous du nez pend aussi, son nez est cassé, la peau a disparu à certains endroits, au dessus du sourcil droits, il a une plaie ouverte… il est méconnaissable.


Je lui parle, on se rassure l’un et l’autre. Il s’inquiète pour sa bouche pleine de débris, son visage qui continue de saigner… Je parle au médecin et demande qu’il soit transféré immédiatement à Puerto Vallarta dans un hôpital où il y aura un chirurgien. On fait des appels, on négocie l’ambulance (si Don Juan n’avait pas été là, on m’aurait chargé 400$ au lieu de 70$!!!), je remplis quelques papiers… On finit par partir de l’hôpital de San Franscisco vers 20h00. Il y a déjà trois heures que Camille a eu son accident, et à peine une heure qu’il est réveillé.


Ne sachant pas l’adresse exacte de l’hôpital à Puerto Vallarta, nous suivons l’ambulance (à nos risques et périls) tout au long de la route… Après deux feux rouges brulés, deux autos coupés, j’ai demandé de ralentir, que je préférais que nous arrivions sains et saufs plutôt que jamais… Nous sommes tout de même parvenus à suivre l’ambulance. À notre arrivée à l’hôpital « Première », mon chauffeur commence à sermonner le conducteur de l’ambulance. Je comprends qu’il est fâché parce que l’ambulancier savait que nous le suivions et qu’il n’a pas fait attention à ça, mais d’un autre côté, je me dis que ce n’est pas le temps ! « Qué pasa ? »

Je m’adresse au gardien de sécurité de l’hôpital pour faire bouger les choses, et immédiatement celui-ci demande à l’ambulancier de bouger. Il déplace son ambulance, essaie de reculer dans l’entrée en pente vis-à-vis les portes, se reprend en constatant que ce n’est pas là qu’il doit se stationner… Je pense à Camille à l’intérieur du véhicule qui doit se faire brasser, et aux soins qu’il ne reçoit toujours pas.


On finit par entrer Camille sur sa civière et on l’amène dans une pièce où on lavera ses plaies qui sont pleines de terre et de morceaux d’asphalte depuis plusieurs heures, ce qui m’inquiète beaucoup. J’ai vraiment peur que l’infection se développe, et je le mentionne au personnel soignant. On me rassure.